Le top 3 des enseignes de supermarché les mieux éclairées

(Ce post n’est pas sponsorisé…)

Appelons ça le blues de la salade piémontaise. Au retour d’une journée de bureau à gérer un supérieur acariâtre et des collègues scélérats, vous faites un saut à la supérette avant de rentrer chez vous. Là vous vous ruez sur la chose la plus rassurante et riche en mayonnaise, la dite piémontaise par exemple, avant d’attendre en caisse, sous une lumière blafarde, en subissant Calogero dans les haut-parleurs. Et la c’est le doute existentiel : « tout ça pour ça ?  »

C’est sans doute pour atténuer cette déprime du businessman que les chaines de supermarchés innovent de plus en plus pour offrir des ambiances chaleureuses, optimistes – valorisantes oserais-je dire – pour leur client, notamment dans leurs enseignes de proximité. Et dans ces mises en scène savamment orchestrées, la lumière donne souvent le ton.

Après plusieurs mois à franchir le seuil des différentes enseignes de supérettes, j’ai pu établir un palmarès personnel des lieux les mieux éclairés. Je vous le livre afin que vous puissiez y entrer acheter votre piémontaise, toujours, mais surtout pour que vous puissiez en sortir avec un fort sentiment d’accomplissement personnel.

3 Carrefour Market


Carrefour Market, ce n’est pas la panacée. Mais ils méritent la médaille de bronze pour avoir au moins fait l’effort de penser au lighting. On est dans schéma assez classique de sol et plafond sombre (ici gris foncé), pour mieux faire ressortir les produits.

Au-dessus des fruits et légumes, des suspensions équipées d’ampoules dont le spectre lumineux est probablement plus riche en couleurs, pour mieux faire ressortir les couleurs.

Dans le reste des rayons, la lumière est assez homogène, on n’est pas mal à l’aise, grâce aux plafonniers qui diffusent une lumière produite par des led en indirect, par réflexion.

Problème : le blanc de la lumière led est assez froid, et sa réflexion directe sur de l’aluminium n’arrange pas les choses. On est donc dans une lumière un peu crue, qui ne contraste pas tant que ça avec le gris du décor. Peut mieux faire.

2 Monoprix

 

Dans les nouveaux Monop’ on joue aussi la carte du contraste éléments de structure/produits. Mais en poussant l’idée très loin, avec plafond, sol et mur noirs, et lumière braquée sur les produits par des spots, on en vient presque à un éclairage de luxe, dans une sorte d’épicerie-bijouterie.  Si j’ai bien observé, le système d’éclairage combine :

1 ) des spots qui ont un faisceaux assez restreint sur les linéaires, légèrement atténués par un diffuseur : toute la lumière est dirigée efficacement sur ce qu’elle doit éclairer, avec des ombres portées assez franches, mais pas trop agressives.

2) des suspensions elles-mêmes équipées de spot à diffuseurs, mais à faisceaux très larges : il n’y a pas de lumière perdue vers le plafond, tout est dirigé vers le bas, et les ombres portées sont limitée par le faisceau large et diffus

Résultat : on vit une expérience d’achat assez chic, dans ce qui pourrait presque être une galerie d’art, voire un musée. Ce qui est peut-être justement un peu too much, c’est-à-dire froid et distant, lorsque l’on vient juste acheter ses chocapics. Mais c’est bien quand même !

1 Franprix (Mandarine)


Ah les Franprix Mandarine ! Quelle réussite ! Ce sont évidement les premiers du palmarès. Depuis la rue, le magasin laisse déjà apercevoir son intérieur de boîte à bijoux. La qualité de lumière (température et indice de rendu des couleurs), est particulièrement bien choisie au-dessus des fruits et légumes, qui resplendissent dans cet écrin doré.

Car ici, le parti pris n’est pas d’opposer les produits au bâti, mais de marier l’ensemble dans une lumière chaleureuse, avec des murs et des éléments de mobilier orange (mandarine donc), des plafonds et des sols clairs, parfois garnis de tasseaux de bois, ou de parquet.

Le secret de ce lighting pointu ? Rien d’autre qu’une armée de spots avec des diffuseurs visiblement performants, qui produisent une lumière brillante et douce à la fois, et des orientations multiples qui corrigent les problèmes d’ombres portées. Dans les frigos, c’est lumière à tous les étages. On est littéralement immergé dans la lumière, un régal.

De plus, on y entend du Sufjan Stevens et du Babx. Autant dire que s’il faut acheter une piémontaise sans remettre en question son bac+8, c’est ici qu’il faut aller !

Vers la fin de l’ampoule à filament décorative ?

Ça sent la fin du filament, finalement.

Souvenez-vous : il y a deux ou trois ans, dans votre resto à burgers préféré, vous avez craqué pour ce comptoir éclairé par des suspensions toute simples : au bout d’un câble électrique coloré, une ampoule nue, avec un joli filament à l’ancienne. Un mélange de rétro et d’industriel, parfait pour chez vous !

Les ampoules à filaments LED du BHV

Et vous n’étiez pas seul. Il faut dire qu’après l’ère moyenâgeuse des lampes fluo-compacte, et leur lumière blanche, froide et vacillante (voir ici pour mémoire) la réédition d’ampoules à filament comme objets vintage équivalait à la Renaissance. En quelques années, cette ampoule a envahi les trois quarts des bars parisiens, et les appartements. Des marques se sont engouffrées dans la brèche pour proposer tout un tas de formes classiques ou tarabiscotées, s’installant dans des corners de plus en plus grands comme ci-dessus au BHV.

S’éclairer avec des résistances de grille-pain

Pourtant, cette ampoule à la lumière chaude, qui fait penser à celle d’une bougie, a aussi des inconvénients. Le principal d’entre eux étant, justement, qu’elle éclaire comme une bougie, c’est-à-dire qu’elle produit beaucoup de chaleur pour assez peu de lumière. Conséquence : plus de la moitié de l’énergie électrique consommée par une ampoule à filament se gaspille en chaleur, un peu comme si vous vous éclairiez avec des résistances de grille-pain… Pas très COP 21…

On répondra qu’il existe des maintenant des ampoules à filament LED, bien plus économes en électricité. Le problème, c’est que si elles imitent le filament, elles ont du mal à imiter sa lumière, dont la qualité spécifique, rayonnante, diffuse, ne peut venir que de la chaleur. Résultat : les filaments led produisent une lumière moins homogène, et génèrent plus d’ombres marquées, peu propices aux ambiances chaleureuses, surtout quand les ampoules sont transparentes. C’est d’ailleurs pour cela qu’on les trouve souvent en version ambrée.

Pour toute ces raisons, l’ampoule à filament s’impose plutôt comme une solution avant tout décorative. L’erreur viendrait plutôt de vouloir en faire une solution d’éclairage à part entière.

Mais je sens l’angoisse monter : « Comment va-t-on désormais éclairer l’îlot central de la cuisine ? » Et bien, si les bars sont un bon indicateur des tendances en matières d’éclairage, j’en vois une qui se distingue : le retour du bon vieux globe en verre opalin blanc.

Et là je me réjouis car je voue un culte à ce genre de luminaire. La forme est simple, pure, les lampes sont peu onéreuses et surtout efficaces : pour peu qu’on ne se trompe pas trop dans le choix de l’ampoule, on a une lumière homogène, douce, émise dans toutes les directions, y compris vers le plafond pour éviter l’effet caverne… Le verre génère peu de perte de flux, donc la diffusion de lumière est optimisée, et la consommation électrique aussi. Ce n’est sans doute pas par hasard que les cafetiers en redécouvrent les vertus…

Bien sûr, les modèles proposés dans ces environnements ont souvent un esprit rustique, cantine. Mais le globe se décline dans de multiples finitions et s’adapte à tous les styles de déco, et à toute les pièces. Voici quelques exemple :

Bref si vous hésitez sur des luminaires, choisissez un globe, vous êtes sûr de ne pas vous tromper : on n’a rien fait de plus beau depuis la pleine lune !

Choses vues au Salon Maison & Objets

De retour du salon Maison & Objets, le rendez-vous incontournable des architectes, archi d’intérieurs et autres designers qui avait lieu ce week-end près de Paris. Au menu, des matières, des matériaux, des objets, des idées, et des luminaires ! Trois grosses tendances, de mon point de vue. D’une part, en décoration, on observe un retour des grosses lampes à poser, cossues, aux larges abat-jours, beiges ou marrons. C’est la tendance neo-70’s chic qui s’installe, avec le retour des moquettes épaisses, des canapés profonds et enveloppants en cuir ou en velours, des boiseries foncées et vernies, et cette gamme de couleurs caractéristiques. Il faut aimer.

Et pourquoi pas une lampe gainée de cuir, comme dans cette chambre imaginée par Colinex ?

Côté appliques et suspensions, c’est le grand écart entre une tendance très organique et naturaliste, et à l’opposé des formes basiques, épurées, géométriques. Comme si la Belle époque côtoyait le Bahaus ou les arts déco.

Aujourd’hui les leds permettent toutes les audaces, comme ces feuillages et branchages de la maison portugaise Serip, pour le côté naturaliste.

Et dans le naturalisme poussé à l’extrême : ces lampadaires en bois et plumes d’autruche venus tout droit du Royaume-Uni et conçus chez AYNHOE :

 

Côté minimalisme, j’ai bien aimé ces suspensions toute simples de chez Anour

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Certains designers font le trait d’union entre ces deux tendances, comme Henri Bursztyn et ses très belles créations. Des cercles très simples et une lumière diffuse et indirecte pour habiller des murs ou des plafonds. Et de magnifique herbes, papyrus et roseaux tout de leds et de verre pour agrémenter des terrasses ou des jardins d’hiver. Mon coup de cœur.