Choses vues au Salon Maison & Objets

De retour du salon Maison & Objets, le rendez-vous incontournable des architectes, archi d’intérieurs et autres designers qui avait lieu ce week-end près de Paris. Au menu, des matières, des matériaux, des objets, des idées, et des luminaires ! Trois grosses tendances, de mon point de vue. D’une part, en décoration, on observe un retour des grosses lampes à poser, cossues, aux larges abat-jours, beiges ou marrons. C’est la tendance neo-70’s chic qui s’installe, avec le retour des moquettes épaisses, des canapés profonds et enveloppants en cuir ou en velours, des boiseries foncées et vernies, et cette gamme de couleurs caractéristiques. Il faut aimer.

Et pourquoi pas une lampe gainée de cuir, comme dans cette chambre imaginée par Colinex ?

Côté appliques et suspensions, c’est le grand écart entre une tendance très organique et naturaliste, et à l’opposé des formes basiques, épurées, géométriques. Comme si la Belle époque côtoyait le Bahaus ou les arts déco.

Aujourd’hui les leds permettent toutes les audaces, comme ces feuillages et branchages de la maison portugaise Serip, pour le côté naturaliste.

Et dans le naturalisme poussé à l’extrême : ces lampadaires en bois et plumes d’autruche venus tout droit du Royaume-Uni et conçus chez AYNHOE :

 

Côté minimalisme, j’ai bien aimé ces suspensions toute simples de chez Anour

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Certains designers font le trait d’union entre ces deux tendances, comme Henri Bursztyn et ses très belles créations. Des cercles très simples et une lumière diffuse et indirecte pour habiller des murs ou des plafonds. Et de magnifique herbes, papyrus et roseaux tout de leds et de verre pour agrémenter des terrasses ou des jardins d’hiver. Mon coup de cœur.

Réaménager son appartement

Michael m’a demandé de revoir l’aménagement de son appartement, et notamment son salon – salle à manger, une grande et belle pièce lumineuse, avec parquet, moulures et cheminées. Des envies de changements après plusieurs années passées là, et le sentiment persistant que le potentiel de cette pièce n’était pas exploité à fond.

La disposition initiale ressemblait à ça :

En fait, dès le départ, le sens d’ouverture de la porte m’a donné envie d’intervertir les deux espaces. En effet, l’ouverture engage plutôt à se diriger sur sa gauche, et c’est là qu’on s’attend davantage à un salon plutôt qu’à une salle à manger. En revanche, celle-ci a plus sa place en retrait, presque en alcôve, avec le léger renfoncement de la pièce, sur la droite.

D’autre part, cette grande pièce était à l’origine divisée en deux. Les moulures au plafond et les deux types de pose de parquet rappellent cette séparation.  Ce n’est pas anodin : même sans cloisons, une différence de traitement d’un sol ou d’un plafond matérialise et limite un espace. D’un côté, les lames de parquets posées en perpendiculaire au mur de façade donnent envie d’y placer un élément plutôt rectangulaire comme la table à manger. De l’autre, le point de Hongrie permet de placer des meubles en oblique. Le rythme du sol est respecté !

D’où ce croquis (rapide) de proposition de réaménagement :

Michael étant d’accord, il restait à donner une âme à ces deux espaces…

A suivre !

Reconversion

C’était il y a un an. Après la présentation d’un book de candidature, un concours d’entrée et un entretien final, j’intégrai la promo 2016/2017 du Greta et de l’école Boulle pour la formation de designer d’espace. Et pendant un an, j’allais découvrir toutes les facettes de ce métier, et devenir chaque jour un peu plus architecte d’intérieur, et un peu moins journaliste. Journaliste, je l’ai été joyeusement pendant 15 ans, avant de me sentir un peu à l’étroit dans ce métier. La curiosité laissait place à la routine, et la routine me frustre. Je ressentais l’impérieux besoin de m’exprimer à nouveau, sous une autre forme, plus tangible, plus proche du beau, du bien-être, plus proche des autres.

Créatif. Pendant un an, ce fut le leitmotiv de cette formation. Créatif tous les jours, du matin au soir. Créatif le lundi pour concevoir l’aménagement d’un appartement, le mardi pour dessiner un siège, le mercredi pour tracer des plans d’archi dans les règles de l’art, le jeudi pour imaginer un papier peint, le vendredi pour construire un prototype de lampe… Au début c’est un stress, puis ça devient un jeu, et finalement un réflexe… Avec toujours un peu de stress quand même !

Et cette formation à changé ma façon de voir le monde. Chaque jour, désormais, mes yeux s’arrêtent sur un détail d’architecture, une texture, un matériau, une façade, un assemblage de couleur… Le quotidien devient une source d’inspiration permanente, dont je combine les éléments pour imaginer de nouvelles propositions… De quoi me sentir droit dans mes nouvelles bottes d’architecte d’intérieur 🙂