Mise en lumière d’un appartement rue de Chabrol, Paris

Les solutions d’éclairage pour cet appartement ont été imaginé en collaboration avec l’architecte, en amont du projet, ce qui a permis de résoudre les questions techniques avant la mise en chantier. Pour ce projet, j’ai isolé quatre zone qui présentait un intérêt pour une mise en lumière spécifique :

  • La volée d’escalier, et surtout le niveau de la mezzanine qui coupe en deux le volume total
  • Le dessous de la mezzanine elle-même : plutôt basse (2m), et d’une assez large emprise qui assombrissait un bon tiers du niveau 0.
  • Un haut mur blanc, seul élément toute hauteur et toute largeur, à souligner pour renforcer l’impression de volume
  • Accessoirement, un miroir lumineux dans la salle de bain, pour pallier le peu de surface exploitable pour la pose d’un luminaire, puisqu’elle est dominée par une verrière.

Transformation d’un 3 pièces mansardé en 2 pièces

Ce petit trois pièces mansardé a enfin pu respirer lorsque quelques cloisons ont été abattues, dégageant une grande surface pour le salon et la cuisine. Le propriétaire souhaitait conserver l’esprit un peu shabby de ce refuge sous les toits, des matériaux authentiques, la tommette, le bois, l’ardoise, la laine.
Plutôt que de cacher le ballon d’eau chaude, il a été décidé d’assumer la présence de ce gros cylindre dans une niche, en réduisant sa présence par une peinture ton sur ton. Le décor de la cuisine a été imaginé pour s’intégrer dans la continuité du séjour, en supprimant ou dissimulant les éléments trop techniques souvent dévolus à cette espace. Les fleurs d’inspiration Belle Époque ont été réalisé par un artiste peintre.

La chambre, très calme, qui donne sur un square, est traité comme un cocon onirique, mêlant des couleurs mystérieuses et précieuses comme ce bleu paon et ces dorures.

De même, la salle de bain qui bénéficie de la même exposition a été traitée dans des tons sobres.

 

Mise en lumière d’un séjour avec une grande hauteur sous plafond

Mission : fournir un éclairage général et d’ambiance dans un grand volume, et sans encombrer ce volume par un luminaire monumental.

Ces Stringlight dessinées par Michael Anastassiades occupent l’espace par le dessin des fils apparents, sans lourdeur. Chaque luminaire est piloté par une application qui permet de régler l’intensité lumineuse.

L’implantation est pensée pour pouvoir fournir à la fois un éclairage général de la pièce, ou une ambiance plus tamisée, grâce aux globes à hauteur de liseuses.

Le top 3 des enseignes de supermarché les mieux éclairées

(Ce post n’est pas sponsorisé…)

Appelons ça le blues de la salade piémontaise. Au retour d’une journée de bureau à gérer un supérieur acariâtre et des collègues scélérats, vous faites un saut à la supérette avant de rentrer chez vous. Là vous vous ruez sur la chose la plus rassurante et riche en mayonnaise, la dite piémontaise par exemple, avant d’attendre en caisse, sous une lumière blafarde, en subissant Calogero dans les haut-parleurs. Et la c’est le doute existentiel : « tout ça pour ça ?  »

C’est sans doute pour atténuer cette déprime du businessman que les chaines de supermarchés innovent de plus en plus pour offrir des ambiances chaleureuses, optimistes – valorisantes oserais-je dire – pour leur client, notamment dans leurs enseignes de proximité. Et dans ces mises en scène savamment orchestrées, la lumière donne souvent le ton.

Après plusieurs mois à franchir le seuil des différentes enseignes de supérettes, j’ai pu établir un palmarès personnel des lieux les mieux éclairés. Je vous le livre afin que vous puissiez y entrer acheter votre piémontaise, toujours, mais surtout pour que vous puissiez en sortir avec un fort sentiment d’accomplissement personnel.

3 Carrefour Market


Carrefour Market, ce n’est pas la panacée. Mais ils méritent la médaille de bronze pour avoir au moins fait l’effort de penser au lighting. On est dans schéma assez classique de sol et plafond sombre (ici gris foncé), pour mieux faire ressortir les produits.

Au-dessus des fruits et légumes, des suspensions équipées d’ampoules dont le spectre lumineux est probablement plus riche en couleurs, pour mieux faire ressortir les couleurs.

Dans le reste des rayons, la lumière est assez homogène, on n’est pas mal à l’aise, grâce aux plafonniers qui diffusent une lumière produite par des led en indirect, par réflexion.

Problème : le blanc de la lumière led est assez froid, et sa réflexion directe sur de l’aluminium n’arrange pas les choses. On est donc dans une lumière un peu crue, qui ne contraste pas tant que ça avec le gris du décor. Peut mieux faire.

2 Monoprix

 

Dans les nouveaux Monop’ on joue aussi la carte du contraste éléments de structure/produits. Mais en poussant l’idée très loin, avec plafond, sol et mur noirs, et lumière braquée sur les produits par des spots, on en vient presque à un éclairage de luxe, dans une sorte d’épicerie-bijouterie.  Si j’ai bien observé, le système d’éclairage combine :

1 ) des spots qui ont un faisceaux assez restreint sur les linéaires, légèrement atténués par un diffuseur : toute la lumière est dirigée efficacement sur ce qu’elle doit éclairer, avec des ombres portées assez franches, mais pas trop agressives.

2) des suspensions elles-mêmes équipées de spot à diffuseurs, mais à faisceaux très larges : il n’y a pas de lumière perdue vers le plafond, tout est dirigé vers le bas, et les ombres portées sont limitée par le faisceau large et diffus

Résultat : on vit une expérience d’achat assez chic, dans ce qui pourrait presque être une galerie d’art, voire un musée. Ce qui est peut-être justement un peu too much, c’est-à-dire froid et distant, lorsque l’on vient juste acheter ses chocapics. Mais c’est bien quand même !

1 Franprix (Mandarine)


Ah les Franprix Mandarine ! Quelle réussite ! Ce sont évidement les premiers du palmarès. Depuis la rue, le magasin laisse déjà apercevoir son intérieur de boîte à bijoux. La qualité de lumière (température et indice de rendu des couleurs), est particulièrement bien choisie au-dessus des fruits et légumes, qui resplendissent dans cet écrin doré.

Car ici, le parti pris n’est pas d’opposer les produits au bâti, mais de marier l’ensemble dans une lumière chaleureuse, avec des murs et des éléments de mobilier orange (mandarine donc), des plafonds et des sols clairs, parfois garnis de tasseaux de bois, ou de parquet.

Le secret de ce lighting pointu ? Rien d’autre qu’une armée de spots avec des diffuseurs visiblement performants, qui produisent une lumière brillante et douce à la fois, et des orientations multiples qui corrigent les problèmes d’ombres portées. Dans les frigos, c’est lumière à tous les étages. On est littéralement immergé dans la lumière, un régal.

De plus, on y entend du Sufjan Stevens et du Babx. Autant dire que s’il faut acheter une piémontaise sans remettre en question son bac+8, c’est ici qu’il faut aller !

Réaménager son appartement (2)

Michaël voulait un séjour masculin. Des matières brutes, des couleurs sombres… On pense tout de suite au béton, au gris foncé, au noir mat. Problème : dans le nouvel emplacement de la salle à manger trône une cheminée en marbre rose corail…

La démolir, la peindre, la noyer dans le beige ? Cela aurait dommage de passer à côté de cette pièce de caractère, si embarrassante soit-elle. Et si, au contraire, nous prenions le parti de l’assumer ? D’autant que le rose permet une association de couleurs audacieuses mais élégante avec sa complémentaire, le vert, qui en version sombre peut tout à fait s’accorder avec un intérieur masculin. Ça tombe bien : l’appartement est rempli de plantes vertes et luxuriantes qui s’accorderont très bien avec l’ensemble.

Il restait à choisir le vert. Sombre pour rester discret, mais avec suffisamment de caractère pour jouer le concerto avec la cheminée. Et mat, pour contraster avec le brillant du marbre. Après plusieurs essais, c’est un vert empire qui s’est imposé. Vert empire, couleur aristocratique à l’honneur à la cour de Napoléon III, sous le règne duquel l’immeuble de Michaël a été construit…

L’ambiance de la salle à manger s’est donc élaborée autour de cette notion de jardin d’hiver néo-second empire, où des éléments d’origine s’accorderont avec des objets contemporains, comme une table à manger et des chaises d’inspiration industrielle et un bahut bas en métal noir.

Cette planche permettait d’avoir une idée de l’harmonie de couleur :

Une fois le mur peint, Michaël est conquis.

Deux enseignements à cette expérience : 1) la couleur peut très bien s’accorder avec un univers masculin, qui n’est pas synonyme seulement de blanc, de gris et de noir ; 2) le meilleur aménagement est souvent un compromis entre ce qu’un lieu nous dit de lui, de son histoire, et ce que nous voulons lui faire dire, aujourd’hui.